Changer les villes en forets, c’est l’ambition d’une entreprise japonaise pluri centenaire, nous nommons là : Sumitomo Forestry Co. Spécialisée dans le bois de construction et la promotion immobilière, leur volonté est d’ériger des gratte-ciels en bois. Étant donné que cette dernière fêtera son 350 ème anniversaire en 2041, il a été décidé de construire pour l’occasion la plus haute tour du monde en bois.
À ce jour, le plus haut bâtiment du monde construit majoritairement en bois se trouve à Vancouver au Canda. Il s’agit d’un immeuble pour étudiants de 18 étages mesurant 53 mètres de haut, inauguré à l’automne 2017.
Sumitomo Forestry compte bien largement battre ce record avec son projet baptisé W350, qui portera bien son nom puisqu’il ne mesurera pas moins de 350 mètres de haut. En plein cœur de Tokyo ce bâtiment de 455 000m2, comptera 70 étages, et hébergera des magasins, des bureaux, des hôtels et des logements. Les premiers dessins ont été dévoilés au printemps dernier et donnent à voir une architecture lumineuse et parsemée de verdure.

La future tour présente un plan carré, et un squelette en poteaux et poutres de bois semblable à un célèbre jeu de construction. Réalisée à 90% de bois (pour un total de 185 000m3), les derniers 10% seront quant à eux en acier, ce pour assurer la résistance de la structure au sein d’une région propice aux séismes et typhons : sage précaution au Japon.
Le coût estimé d’un tel projet s’élève à 4,6 milliards d’euros, soit « Près du double d’un bâtiment de grande hauteur conventionnel construit avec la technologie actuelle », reconnaît l’entreprise. Mais cela se justifie au travers de leur engagement écologique. En effet, ce type de construction permet de lutter contre le réchauffement climatique grâce à de meilleures performances énergétique, mais aussi et surtout afin de soutenir la filière bois japonaise, dont les forêts sont mal en point.

Historiquement, le bois est un matériau de construction qui a été beaucoup employé au Japon en raison de son abondance et de ses nombreuses vertus. Mais les terribles incendies dû aux bombardements durant la seconde guerre mondiale ont conduit à un encadrement drastique de son usage dans les constructions (les bâtiments ne devaient pas dépasser plus de deux étages selon la réglementation en vigueur).

Toutefois, les temps ont depuis changé et les nouvelles possibilités grâce aux progrès techniques (notamment avec le bois composites) ne demandent qu’à être pleinement exploitées ! Symboliquement, ce projet montre surtout qu’il est possible de changer nos habitudes afin de préserver notre planète qui ne demande qu’à être protégée.